Exemples de séances de JEU :

 

Les séances réelles n'ont pas vocation à être diffusées.
Celles-ci sont donc recomposées à partir de plusieurs.

 

 

1 . Régis, la "mise à jour système".

 

 

Régis porte un poids sur les épaules depuis sa dernière visite en famille.

Il n'arrive pas à comprendre. Ça le perturbe beaucoup.

 

Il est très stressé, alors on commence par une relaxation.

Je l'oriente vers l'écoute consciente de ce qu'il vit au présent.

Une fois apaisé, je lui demande à quoi ressemble ce poids sur les épaules.

 

- Je sais pas, c'est lourd. Ça me pèse. Ça prend tout le dessus.

 

- OK, pouvez-vous lui donner une forme, un nom, une couleur ?

 

- Sombre ... la forme de mes épaules ... presque tout le haut ...

 

Petit à petit l'image prend forme et se précise :
C'est comme une cuirasse en cuir épais, cloutée, pour le protéger.

 

Je demande à Régis de s’installer comme "dans" sa part cuirasse, de devenir elle.

Et quand c'est fait de demander à cette cuirasse de quoi elle le protège. Réponse :

 

- Aucune idée. J'ai juste une vieille phrase qui remonte : Ils vont me bousiller !

 

- C'est sûrement sa réponse. Elles se donnent souvent comme ça.

 

- Ha ok, c'est tout ce qui vient quand on se concentre dessus, c'est ça ?

 

- Exactement. Ça peut être une idée, une émotion, ou une sensation.

 

 Le dialogue devient fluide. Je demande à la cuirasse son âge, son histoire, etc.

Régis a été un enfant battu, mais il me dit aussi que ses parents sont vieux.

Il précise qu'il pourrait les réduire en miettes s'il s'énervait vraiment.

 

On utilise un temps méditatif pour connecter la cuirasse et le présent :

Il n'y a plus de danger physique à craindre, elle est en sécurité.

Régis est de plus en plus serein, et à la fin il éclate de rire :

 

- J'ai posé la cuirasse sur mon père.

Ça l’a comme écrasé tellement elle était lourde !

 

Je lui demande où elle est maintenant.

 

- Oh, je l'ai laissée, elle est bien comme ça, et moi je suis plus léger !

 

Plus aucune douleur sur les épaules, et ça se voit dans sa posture.

Régis est souriant, il va mieux, il fait des blagues.

 

Une part traumatisée a été mise à jour, synchronisée avec le présent.

Au présent elle est inutile, donc son esprit s'en est symboliquement débarrassé.

 

Séance de 2h20. Retour après une semaine :

Le problème n’est pas revenu.
Pas d'autre séance.

 

 

 

 

2 . Estelle, la résolution d'un conflit intérieur.

 

 

Estelle est en panique, elle a pris une séance en urgence.

 

- J'ai un entretien d'embauche, je dois y aller mais je peux pas !

 

On fait une écoute méditative de la respiration. Elle s'apaise un peu.

Puis on commence par la part qui dit "je dois absolument y aller !"

 

- Elle est en petit tailleur, elle me fait marrer, elle est trop sérieuse.

 

- Est-ce qu'on peut lui donner un nom ?

 

- Berthe, ça va bien avec son style un peu autoritaire.

 

Estelle explique que Berthe est une travailleuse efficace qui réussit tout.

 

- Je suis un peu comme ça des fois, me dit Estelle, et ça me désole.

En fait si je reste comme ça après je suis « naze », j'en peux plus.

 

Je lui demande si ça a un lien avec le refus d'y aller.

 

- J'sais pas ... j'ai une boule au ventre.

 

- Quelle forme a-t-elle cette boule au ventre ?

 

- C'est une boule. Elle est noire, dense, très dense.

 

- Que se passerait-il si elle n'était pas là ?

 

- Berthe n'aurait plus de limites, elle me mettrait sur les rotules.

 

Le besoin de la part "boule au ventre" est la sécurité physique.

 

On retourne voir Berthe, et lui demande d'observer la boule.

Berthe refuse, dit que cette râleuse l'empêche de bien faire.

Que se passerait-il si elle faisait mal ? La part Berthe répond :

 

- On va me détester, je serai toute seule, j'ai pas le choix !

 

Le besoin de la part "Berthe" est d'être aimée.

 

Estelle reconnaît l'importance de chaque besoin,

Le fait savoir en interne, et relie ses parts entre elles.

La boule accepte l'importance du rôle de Berthe.

Berthe comprend la boule mais refuse d'être coincée.

 

 On teste ce système en imaginant un rendez-vous d'embauche.

Berthe est ok. La boule prend une forme de mur autour d'Estelle.

 

- La muraille infranchissable de mes limites ! Sourit Estelle.

 

- Que pense Berthe de cette nouvelle forme de la boule ?

 

- C'est bien, c'est autour ça, n'entrave plus, ça protège.

Estelle, Berthe et la muraille valident ce système.

- Je me sens bien comme ça, plus libre, ça va mieux.
J'espère que ça tiendra jusqu'à l'entretien.

Deux parts s'opposaient dans le système d'Estelle.

Le JEU a consisté à les faire se comprendre dans leurs rôles.
Les deux parts ont alors pu faire équipe, l'une protégeant l'autre.

L'ajustement des mécanismes inconscients s'est montré symboliquement.

 

Séance de 2h45, retour après 3 jours :

Estelle est allée à son entretien sans problème.

Pas d’autre séance.

 

 

 

 

 

3 . Julie, la libération de parts.

 

 

Julie se sent perdue. Elle ne sait plus quoi faire de sa vie.

Dans l'échange une problématique prend le dessus :

Elle voudrait des enfants, mais l'idée la dérange.

 

On commence par la part qui veut un enfant :

 

- C'est un gros nounours, énorme, qui demande des câlins.

 

- Que se passerait-il s'il n'en avait pas ?

 

- Il aurait l'impression d'être inutile, sa vie n'aurait plus de sens.

 

Je demande alors à la part dérangée par l'idée de se montrer, de prendre forme.

 

- C'est une voyageuse, avec un sac à dos, une globe-trotteuse dans l'âme.

 

- Pourquoi craint-elle d'avoir un enfant ?

 

- Parce que ça va m'empêcher de vivre ma vie librement.

 

On présente les parts l'une à l'autre afin qu'elles se comprennent.

Des solutions nouvelles se montrent alors : voyager avec un enfant,

ou encore nourrir sa vie de tendresse sans forcément avoir d'enfant.

Mais Julie n'est pas à l'aise, elle s'agace un peu, et finit par lâcher :

 

- Non mais c'est n'importe quoi, je veux pas un bébé pour avoir des câlins !

 

On explore alors la part qui s'exprime, et elle prend la forme d'une sorcière-fée.

 

- C'est comme une vieille sage, magicienne, qui peut donner la vie.

En fait, le truc c'est que c'est pas au nounours de choisir.
La voyageuse non plus, c'est pas leur job !

 

Julie s'apaise en le disant, et on vérifie la distribution des rôles :

La part nounours s'occupe de son besoin de tendresse.

La part voyageuse s'occupe de son besoin de liberté.

Et le choix d'enfant revient à la part sorcière-fée.

 

Je lui demande alors de signifier son choix à chaque part.

Et de demander à chacune si cette configuration leur convient.

Elles sont satisfaites. Chacune rempliera son rôle à l'écoute des autres.

 

Julie m'explique que tout est parti d'une séparation récente.
Que les deux parts c'est à cause de ça, deux choix de vie possibles.

Mais qu'en fait ses besoins de tendresse et de liberté ne s'opposent pas.

Elle est ravie d'en prendre conscience, et en passant la porte :

 

- C'est marrant, comme ça je n'ai plus peur de faire le mauvais choix !

 

Dans le système interne de Julie des parts étaient en conflit.

Elles s'affrontaient sur un sujet qui n'était pas le leur en réalité.
Une part dédiée à ce rôle à alors émergé pour réorganiser son système.

Les deux autres ont pu retrouver leurs rôles, nécessaires à l'équilibre de Julie.

 

Séance de 3h15, retours après 5 jours :

Julie se sent mieux et envisage une autre séance sur un autre sujet.